LES CONSTELLATIONS

 

Par une belle nuit à la campagne, il est surprenant de constater combien le ciel est couvert d'étoiles : il y en a parfois des milliers, lorsque la nuit est bien noire ! On peut cependant réussir à les identifier grâce à l'apprentissage des constellations, ces lignes imaginaires qui dessinent des figures géométriques dans le ciel. En ville, les choses sont plus simples : la pollution lumineuse des lampadaires et des enseignes commerciales efface les étoiles les plus faibles et seules restent visibles à l'oeil nu les principales étoiles, celles qui délimitent les constellations.

Les constellations ont des noms qui proviennent généralement de la mythologie grecque. 88 constellations sont ainsi répertoriées entre l'hémisphère Nord et l'hémisphère Sud de la Terre. Saison après saison, le club d'astronomie de Toussaint va vous guider à travers les principales constellations de l'hémisphère Nord

 


LES CONSTELLATIONS DE L'HIVER

 

Bon, ce soir du 15 janvier, les choses se présentent bien : la pluie a cessé, un petit vent frisquet a chassé les nuages ... le moment est venu de partir à la découverte des constellations de l'hiver.

 

Orion

 

Le ciel d'hiver se caractérise surtout par la constellation d'Orion dont les étoiles les plus brillantes forment à 22 heures (heure d'hiver) un grand sablier au-dessus de l'horizon Sud. Cette belle constellation va vous servir de repère pour retrouver toutes les autres constellations de l'hiver. Semaine après semaine, si vous regardez le ciel tous les soirs à la même heure, vers 22 heures, vous la verrez se décaler progressivement vers l'Ouest au fur et à mesure que nous avancerons dans l'hiver. Et si la nuit est bien noire, vous verrez à sa gauche un grand ruban pâle qui monte dans le ciel : la Voie Lactée, notre galaxie

 

Dans l'Antiquité, on voyait dans cette constellation un chasseur agenouillé : Orion était un géant tellement grand que lorsqu'il marchait dans la mer, sa tête dépassait de l'eau. Impressionnée par la carrure du lascar, Diane, déesse de la chasse et de la Lune, en devint raide dingue. Toutes les nuits, au lieu de s'occuper de conduire le char de la Lune dans le ciel, Diane préféra alors venir chasser avec Orion, ce qui, bien évidemment, commença à semer une pagaille monstre dans la course de la Lune et du Soleil.

Constatant tout ce cirque, Apollon, dieu du Soleil et frère de Diane, décida d'y mettre bon ordre : il commenca par profiter de ce qu'Orion faisait trempette dans l'océan pour lui envoyer ses rayons d'or qui lui crevèrent les yeux vite fait bien fait. Ceci accompli, le pauvre géant se mit à marcher dans la mer, à l'aveuglette, et seule sa tête dépassait, comme un minuscule point noir à la surface de l'eau.

Apollon mit alors au défi sa soeur Diane de toucher d'une flèche ce lointain rocher ("ouah hé, t'es même pas cap' d'y arriver du premier coup"). Vexée, Diane empoigna alors son arc, sa meilleure flèche, visa longuement, décocha son coup ... et zigouilla aussi sec son géant chéri. Constatant sa tragique méprise et la mort du bel Orion, Diane plaça le corps de ce dernier dans le ciel, au milieu des étoiles et, pour faire bonne mesure, plaça à ses côtés ses deux chiens afin de l'aider dans ses éternelles chasses

 

La principale étoile de la constellation d'Orion s'appelle Bételgeuse : c'est une étoile géante, qui mesure au moins 600 fois le diamètre de notre Soleil, et qui risque à tout moment d'exploser. Si celà devait se produire dans les années qui viennent, Bételgeuse éclairerait le ciel autant que la Pleine Lune et deviendrait visible même en plein jour !!! Les astronomes appellent ces étoiles qui explosent des "supernovae". Le satellite Hipparcos a estimé la distance qui nous sépare de Bételgeuse à 400 années-lumière

Autre curiosité de la constellation d'Orion : la Grande Nébuleuse d'Orion, recensée sous le numéro M42 dans le catalogue de Messier. Elle se situe en-dessous des 3 étoiles, Alnitak, Alnilam et Minkata, qui forment la ceinture du géant Orion. Dans des jumelles, vous l'apercevrez facilement (cf cartouche supérieur du schéma suivant). Et dans un télescope (cf cartouche inférieur), vous distinguerez les merveilleuses draperies de ce grand nuage de gaz

photos Ph Ledoux / ASCT

 

Distante d'environ 1500 années-lumière, M42 est en fait une grosse bulle d'hydrogène en voie de condensation. Cette condensation donnera naissance dans quelques milliers d'années à de nouvelles étoiles. Déjà, au centre de cette pouponnière de soleils, votre télescope vous montrera 4 petites étoiles très jeunes, issues de cette condensation, et qui forment un quadrilatère appelé par les astronomes "le Trapèze d'Orion". Notre propre Soleil est né de façon analogue, il y a de celà 4,5 milliards d'années ...

Orion va vous servir de guide pour trouver toutes les autres constellations de l'hiver.

 


Le Taureau

 

C'est juste à l'Ouest de la constellation d'Orion que vous pourrez repérer la belle constellation du Taureau. Cette constellation est l'une des plus anciennes constellations, puisqu'elle était déjà connue des Babyloniens. Pour les Grecs de l'Antiquité, cette constellation incarnait Zeus qui, pour séduire la belle nymphe Europe, s'était transformé en Taureau. De cette union monstrueuse devait naître Minos, futur roi de Crète. Vous ne serez pas étonné d'apprendre qu'avec une hérédité aussi glauque, le pauvre Minos eut plus tard un fils complètement taré, le Minotaure, moitié homme et moitié taureau, cannibale de surcroît ... Pour avoir la paix, Minos fut obligé d'enfermer ce fils indésirable dans le labyrinthe situé dans les souterrains de son palais.

 

La constellation du Taureau a la particularité de contenir deux jolis amas d'étoiles facilement visibles à l'oeil nu : l'amas des Hyades, qui dessine dans le ciel une lettre V, et le bel amas des Pléiades, un peu plus à l'Ouest.

A l'oeil nu, les Pléiades, également connu sous le nom de M45, constituent un groupe de 6 ou 7 étoiles, selon la qualité de votre ciel et l'état de vos yeux. Leur disposition rappelle, en plus petit, celle de la constellation de la Grande Ourse. Mais c'est aux jumelles que le spectacle prend toute sa dimension : les étoiles Alcyon, Maïa, Taygeta, Electra, Mérope et Atlas brillent alors comme autant de diamants étincelants.

L'amas des Pléiades aux jumelles

 

Les longues poses photographiques permettent de mettre en évidence le voile diaphane des nuages d'hydrogène qui entourent encore ce groupe de très jeunes étoiles. Alors que la Grande Nébuleuse d'Orion vous montre des étoiles au berceau, l'amas des Pléiades vous montre bien le stade suivant de l'évolution des étoiles, lorsque le nuage gazeux qui leur a donné naissance est quasiment dissipé.

L'amas des Pléiades lors d'une pose photographique de 1 H 30

(photo Philippe Durville)

 

La principale étoile de la constellation (étoile "alpha du Taureau" pour les astronomes), porte le nom arabe d'Aldébaran, qui signifie "le suivant" c'est à dire "l'étoile qui suit les Pléiades". Cette étoile géante rouge est 40 fois plus gorsse que notre Soleil et est située à 65 années-lumière. Il s'agit en fait d'une étoile double, Aldébaran étant accompagnée d'une minuscule étoile naine rouge, qui ne peut être vue qu'avec des télescopes professionnels


Les Gémeaux

 

Vous trouverez la constellation des Gémeaux juste à l'Est de celle d'Orion : si vous prolongez vers le Nord-Est la ligne imaginaire qui joint les étoiles Rigel et Bételgeuse de la constellation d'Orion, vous tomberez pile sur les Gémeaux, constellation très étendue, de forme vaguement rectangulaire.

 

Les deux plus brillantes étoiles de la constellation sont Castor et Pollux, noms de héros de la mythologie grecque. Ces deux frères avaient un gros problème : Pollux était immortel et Castor non. Tout çà parce que leur mère, la nymphe Léda, avait (honteusement) trompé son mari, Tindare, avec Zeus en personne lequel s'était, pour l'occasion, métamorphosé en cygne. De cette union bizarroïde naquit un oeuf contenant Castor et Pollux. Pollux eût la chance d'avoir été créé avec un spermatozoïde de Zeus, ce qui lui conféra l'immortalité. Castor dut se contenter d'un spermatozoïde bêtement humain de l'infortuné Tindare. Les deux frères étaient inséparables et lorsque Castor mourut, Pollux supplia Zeus de ne pas les séparer. Un peu gêné aux entournures après ses entourloupettes extra-conjugales, Zeus préféra adopter un profil bas et décida de faire une place dans le ciel aux deux frères.

Mais revenons à l'astronomie : Castor est en fait un système très complexe, composé de six étoiles en orbite les unes autour des autres tandis que Pollux est une étoile géante.

On trouve également dans les Gémeaux, un très bel amas ouvert d'étoiles, appelé Messier 35 : il est situé près du coin supérieur droit du grand rectangle que dessine la constellation des Gémeaux. Lorsque le ciel est bien transparent, on arrive à le voir à l'oeil nu. Avec des jumelles 7 x 50, il apparait comme une petite tache floue.

L'amas M35 vu aux jumelles (photo Ph Ledoux / ASCT)

 

Avec des jumelles plus puissantes ou bien avec un télescope à faible grossissement, on parvient à voir les dizaines d'étoiles composant cet amas, qui est distant de 2700 années-lumière

 

Et dans un bon télescope, on parvient non seulement à voir les étoiles de l'amas M35 mais aussi celles d'un autre amas d'étoiles, l'amas NGC 2158, situé infiniment plus loin dans l'espace, à 16 000 années-lumière, soit 6 fois la distance de l'amas M35. L'effet de perspective est époustouflant si vous avez la chance de disposer d'un gros télescope.

A gauche, l'amas NGC2158, à 16 000 années-lumière

A droite, l'amas M35, situé à 2600 années-lumière

(photo Mike Cook)

 


Le Cocher

 

Au Nord d'Orion brille l'une des plus brillantes étoiles du ciel hivernal : Capella, dans la constellation du Cocher.

 

Le Cocher est une constellation très étendue ayant une forme caractéristique de pentagone. Sa principale étoile, Capella, appelée aussi la Chèvre, est une étoile géante située à 45 années-lumière de la Terre.

Les amas ouverts d'étoiles ont élu domicile dans la constellation du Cocher ! Citons les plus beaux, numérotés Messier 36, 37 et 38. Vous pouvez facilement voir ces 3 amas d'étoiles dans le même champ d'une paire de jumelles, où ils auront l'aspect de petites taches floues.

 

Avec un petit télescope, vous commencerez à voir les étoiles qui les composent. Le plus beau de ces 3 amas est incontestablement M37 : l'observer avec un télescope de 114 mm de diamètre est déjà très sympa. Mais avec un diamètre de 150 mm, le spectacle de ce piquetis de dizaines d'étoiles devient absolument féérique. Ces 3 amas d'étoiles sont tous situés entre 4100 et 4700 années-lumière de notre bonne vieille Terre

 

 


Le Grand Chien et le Petit Chien

 

Au Sud-Est d'Orion brille la plus éclatante des étoiles du ciel de l'hémisphère Nord : Sirius, qui est la principale étoile de la constellation du Grand Chien, le fidèle compagnon du géant Orion. Distante de 8.61 années-lumière, Sirius est en fait un étoile double mais seuls les télescopes les plus puissants peuvent montrer la deuxième étoile de Sirius, puisqu'il s'agit d'une étoile de type naine blanche.

Le géant Orion est accompagné d'un deuxième chien, situé juste au-dessus du précédent : le Petit Chien, dont l'étoile principale s'appelle Procyon

 

Si la nuit est bien claire, et si aucun lampadaire ne vient vous gêner, vous distinguerez, entre le Grand Chien et le Petit Chien, un pâle ruban qui coupe le ciel en deux : la Voie Lactée, notre galaxie.

En dessous de Sirius se trouve un amas d'étoiles, M41, situé à 230 années-lumière de la Terre. Il parait qu'il aurait été découvert au IVème siècle avant JC par Aristote, mais ce n'est qu'en 1675 qu'il fut intégré au catalogue de Charles Messier. Quant le ciel est vraiment bien noir, on peut voir cet amas à l'oeil nu, comme une petite tache floue. Au télescope, on distingue une quarantaine d'étoiles.

M41

 


La Licorne

 

Entre le Petit Chien et Orion se trouve la constellation de la Licorne, constituée d'étoiles peu lumineuses. De ce fait, cette constellation passe souvent complètement inaperçue et c'est bien dommage, car elle contient 3 objets intéressants à observer pour un astronome amateur

 

L'étoile Bêta Monocerotis ( = deuxième étoile la plus lumineuse de la Licorne) est une étoile triple, facile à repérer avec un petit télescope.

Parfois visible à l'oeil nu sous un ciel bien noir, l'amas d'étoiles NGC 2244 est formé par un groupe de 9 étoiles bien visibles aux jumelles. Ces 9 étoiles, âgées de seulement 500 000 ans, sont au coeur d'une énorme bulle d'hydrogène, grande comme 50 fois notre système solaire, et que l'on peut mettre en évidence sur une longue pose photographique : la nébuleuse de la Rosette, située à 4500 années-lumière de nous, et découverte au XVIIème siècle par l'astronome John Flamsteed.

La nébuleuse de la Rosette avec, en son sein, l'amas d'étoiles NGC2244

(photo Mike Cook)

Autre curiosité de la constellation de la Licorne : l'amas d'étoiles M50, découvert en 1711 par l'astronome Cassini. Vous pouvez essayer de le repérer avec vos jumelles au 1/3 de la ligne qui va de Sirius à Procyon. Aux jumelles, il aura l'aspect d'une petite tache floue. Avec un télescope de 114 mm, vous pourrez observer les étoiles qui composent cet amas

M50

 


Le Cancer

 

A l'Est du Petit Chien et en dessous des Gémeaux vous trouverez la pâlichonne constellation du Cancer, en forme de Y renversé. Le Cancer représente le crabe qui vint pincer Hercule au talon alors qu'il était en plein combat contre l'une de ces sales bêtes qui peuplent la mythologie : l'hydre, charmant dragon dont chacune des innombrables têtes repoussait sitôt qu'on la tranchait ...

 

Mais attention ! Si les étoiles formant la constellation du Cancer sont peu lumineuses, par contre cette discrète constellation contient un trésor : l'amas de la Crèche. Connu depuis la plus haute antiquité, il porte aussi les noms d'amas de la Ruche, de Praesepe ou de M44. Facilement visible à l'oeil nu où il se présente sous la forme d'une tache floue, c'est aux jumelles que le spectacle donne toute sa mesure : un semis de diamants étincelants se détache sur le fond noir du ciel. Cet amas est l'un des plus proches de la Terre : 450 années-lumière seulement

L'amas de la Crèche M44 (photo Jerry L.odriguss)

 

Dans l'Antiquité, la constellation du Cancer était aussi appelée "la porte de l'homme" parce que l'on pensait que c'était par cette constellation que les âmes venaient sur Terre pour s'incarner dans les nouveaux-nés. Le Cancer représente dans la mythologie le crabe que Junon envoya pincer le talon d'Hercule, alors qu'il était en plein combat contre l'une de ces sales bêtes qui peuplent la mythologie : l'hydre de Lerne, charmant dragon dont chacune des innombrables têtes repoussait sitôt qu'on la tranchait ... L'histoire se termina assez mal pour les deux bestioles, qu'Hercule ratatina vite fait bien fait

 


La Grande Ourse

 

Aux alentours du 15 janvier, vers 22 heures, si vous portez vos regards en direction du Nord-Est, à la même hauteur au-dessus de l'horizon que la cosntellation du Cancer, vous trouverez sans peine l'une des plus grandes et des plus faciles à identifier parmi les constellations : la Grande Ourse.

 

Elle a la forme d'une grande casserole et elle contient au moins 7 brillantes étoiles. La ligne qui joint les étoiles Dubhe et Merak, formant le côté droit de la casserole, indique la direction de l'étoile Polaire. Cette dernière, comme on le verra juste après, fait partie de la Petite Ourse.

La Grande Ourse

Dubhe est quant à elle l'étoile la plus brillante de la Grande Ourse et elle est située à 142 années- lumière de la Terre. Dubhe est en fait une étoile double. D'un autre côté, Mizar et Alcor, situées dans la poignée de la casserole, sont des étoiles assez complexes. Les anciens astronomes arabes se servaient de ces deux étoiles pour tester leur acuité visuelle : de bons yeux parviennent à nettement distinguer Alcor et Mizar. Si vous avez une mauvaise vue, vous ne verrez que Mizar. Dans un télescope, on se rend compte qu'il existe une troisième petite étoile, qui forme un couple de Soleils avec Alcor. Ce sont des étoiles binaires situées à 80 années-lumière de nous.

Alcor et Mizar à l'oeil nu, puis dans l'oculaire d'un télescope

On retrouve également dans la Grande Ourse plusieurs galaxies importantes, répertoriées dans le catalogue élaboré au XVII ème siècle par Charles Messier : M51, M101, M106, M108, M109; mais il faut un bon télescope et un ciel bien pur, dénué de pollution lumineuse, pour bien les voir.

photos à se taper le cul par terre de Marc Sylvestre

Outre ces galaxies, la Grande Ourse contient également une nébuleuse planétaire, c'est à dire le cadavre d'une étoile qui est aujourd'hui morte, réduite à l'état d'étoile naine blanche, après avoir expulsé dans l'espace son enveloppe gazeuse que vous pourrez apercevoir avec un bon télescope qui vous montrera son aspect très aprticulier qui lui donne son nom : la Nébuleuse du Hibou, également recensée dans le catalogue de Charles Messier sous le numéro M97. pour bien voir ses deux grands yeux sombres, il faut disposer d'un télescope d'au moins 254 mm de diamètre. Avec un télescope plus petit, vous ne verrez qu'une petite tache floue, bien éloignée du magnifique cliché ci-dessous, réalisé par Marc Sylvestre (comme d'hab')

M97

 



La Petite Ourse

 

La Petite Ourse possède une forme ressemblant à celle de la Grande Ourse mais en plus petit.

Sa principale étoile est celle que l'on appelle l'Etoile Polaire (Polaris). Celle-ci se trouve à moins d'un degré du pôle nord céleste et est en fait une étoile géante située à 470 années-lumière de la Terre. Pour la repérer à coup sûr, il suffit de repartir du côté droit de la casserole que dessine la Grande Ourse dans le ciel, et de prolonger de 5 fois ce côté droit pour tomber pile sur l'Etoile Polaire

Comment repérer l'étoile polaire

En plus d'être une étoile géante, l'Etoile Polaire est également une étoile variable dont la brillance varie selon une période de 32 jours.



Céphée

 

Continuons notre balade en direction du Nord-Ouest, et nous trouverons, après la Grande Ourse puis la Petite Ourse, la constellation de Céphée. Cette constellation, qui n'est pas très visible, fait penser à un dessin d'enfant représentant une petite maison avec un toit.

Dans Céphée, on peut remarquer 5 étoiles de moyenne brillance. Cette constellation comprend également plusieurs étoiles variables ou doubles ainsi que des amas d'étoiles. L'étoile variable la plus connue est l'étoile Delta, qui a donné le nom de céphéides à toute une classe très particulière d'étoiles variables dont la luminosité varie avec une régularité de métronome. Delta voit ainsi sa luminosité passer de la magnitude 3.5 à la magnitude 4.4 en très exactement 5 jours 8 heures et 50 minutes.

Céphée

Pour en savoir plus sur les 30 000 étoiles variables qui clignotent au-dessus de votre tête, vous pouvez consulter le dossier que vous a concocté le club d'astronomie de Toussaint.

 


Cassiopée

 

Si vous regardez à gauche de Céphée, en direction de l'Ouest, vous retrouverez sans peine le grand W que dessine la constellation de Cassiopée dans le ciel. Il est à noter que c'est dans Cassiopée que l'astronome danois Tycho Brahé observa en 1572 une supernova, une étoile qui venait d'exploser.

Cassiopée

L'étoile Iota Cassiopée est un système formé de 3 étoiles situé à 180 années-lumière de la Terre. Dans une petite lunette de 75 mm de diamètre, on voit bien l'étoile principale, de couleur jaune, et ses deux petits compagnons, bleus.

Située en plein dans la Voie Lactée, Cassiopée est littéralement truffée d'amas ouverts d'étoiles. Nous vous en avons sélectionné 4 particulièrement sympas à observer

L'un des plus rigolos à observer avec un petit télescope est l'amas d'étoiles E.T. (NGC457 pour les astronomes). Deux gros yeux globuleux, un corps difforme et les bras étendus, le plus long dirigé vers la droite avec tout au bout le doigt du gentil petit extra-terrestre qui voulait rentrer chez lui ...

L'amas E.T.

Le repérage de ce spectaculaire amas d'étoiles, découvert par Herschel, est très simple : l'oeil le plus brillant de E.T. est formé par l'étoile Phi de la constellation de Cassiopée. Mais Phi Cassiopée ne fait partie de l'amas que par un simple effet de perspective : cette étoile géante rouge n'est située qu'à 2300 années-lumière alors que les 80 étoiles de l'amas E.T. sont beaucoup plus lointaines, à 9300 années-lumière environ.

Un autre bel amas d'étoiles est l'amas M52. Des jumelles ne vous montreront qu'une tache floue. De même, une lunette astronomique d'initiation ne vous montrera que 3 ou 4 étoiles. Par contre, un télescope d'entrée de gamme, de 114 mm de diamètre, monté avec un faible grossissement, vous montrera un spectacle magnifique : des dizaines d'étoiles regroupées au sein de cet amas de 15 années-lumière de diamètre.

M52

NGC7789 vaut aussi le déplacement : banale petite tache floue toute ronde aux jumelles, un télescope de 114 mm avec un grossissement x 90 vous dévoilera un tapis d'étoiles se détachant sur le fond noir du ciel. Si vous avez l'occasion de rendre visite au club d'astronomie de Toussaint, demandez à ses animateurs de vous braquer l'un de leurs télescopes de 200 mm sur cet amas d'étoiles : vous allez en rester babas ! NGC7789 est l'un des amas ouverts les plus denses que l'on connaisse, puisqu'il contient plus d'un millier d'étoiles réunies dans une sphère de 50 années-lumière, le tout étant perché à 6000 années-lumière au-dessus de votre tête !

NGC7789

Un petit dernier avant de reprendre la route ? M103 ! Simple tache floue aux jumelles, un petit télescope vous montrera une bonne vingtaine d'étoiles disposées en triangle :

M103


 

Persée

 

Persée

Après Cassiopée, si vous poursuivez votre balade en direction de l'Ouest, vous verrez très haut dans le ciel la constellation de Persée.

L'une de ses étoiles, Algol, a la particularité d'être une "étoile binaire à éclipses" : en clair, il s'agit de 2 soleils en orbite l'un autour de l'autre, dont le plus gros, Algol, voit son éclat diminuer brutalement tous les 3 jours, lorsque le petit compagnon obscur passe devant l'étoile principale. Il s'agit là de l'une des étoiles variables les plus faciles à observer. Vous pouvez également consulter notre petit dossier sur les étoiles variables pour en savoir un peu plus.

L'étoile principale de Persée (l'étoile alpha des astronomes) se nomme quant à elle Mirfak : c'est une étoile super-géante distante de 470 années-lumière.

Un petit bijou est caché dans la constellation de Persée : un amas double d'étoiles. Si la nuit est claire, on le distingue facilement à l'oeil nu, comme une tache floue et ronde située à mi-chemin entre le Nord de la constellation de Persée, et la constellation de Cassiopée. Avec une modeste paire de jumelles, le spectacle est déjà sympa :

Le double amas de Persée dans une paire de jumelles

Dans un télescope, à faible grossissement x 25, le spectacle devient carrément somptueux, des dizaines d'étoiles se regroupant dans cet amas double. Ici, un grand nuage d'hydrogène s'est effondré sur lui-même, en se scindant en 2 parties, pour donner naissance à ces deux amas riches de 400 et 300 étoiles, et situé à 7400 années-lumière de la Terre

Le double amas de Persée au télescope

On trouve également dans Persée un autre amas ouvert d'étoiles, appelé Messier 34, qui est facilement repérable aux jumelles : cet amas d'une soixantaine d'étoiles est situé à 1450 années-lumière de la Terre et est âgé d'environ 150 millions d'années

M34

 


Pour admirer de somptueuses photographies de ces constellations, allez donc jeter un coup d'oeil sur le site Internet de Philippe Durville, vous allez en rester comme deux ronds de flans ... Les enseignants et les animateurs de club peuvent également télécharger sur le site Internet d'Yves Lhoumeau, maniaque binoculaire bien connu dans le milieu des astronomes amateurs, un fichier et un manuel complets afin de réaliser eux-mêmes des diapositives des constellations du ciel (cliquez sur "diaporama à fabriquer").

Si vous disposez d'un télescope et que vous souhaitez disposer d'une aide complète et en même temps facile à utiliser pour un débutant, nous vous recommandons chaudement le CD-Rom Astrothèque 2000 : un atlas du ciel comprenant 220 objets détaillés comme nulle part ailleurs avec les cartes, les photos, les explications et les dessins indispensables pour les repérer, des éphémérides interactives vous permettant de tout savoir sur ce qui se déroulera au cours de la nuit, un atlas lunaire, une banque de plus d'un millier de photos et dessins d'astronomes amateurs commentés, des cartes du ciel, fiches et maquettes prêtes à être imprimées, un pilotage dans le système solaire en 3D : bref, une vraie petite merveille que nous utilisons très régulièrement à Toussaint pour préparer nos soirées d'observation du ciel. Pour plus de renseignements, cliquez sur l'image ci-dessous

 


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